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aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mar 15 Juil - 15:04 | |
| | Un chèque en bois >> Un chèque sans provision … À l'époque des gaulois, le seul moyen de faire un chèque, c'était de le graver sur de la pierre ou sur un morceau de bois. Pas imbéciles pour un sesterce, les gaulois (à part Obélix) préféraient le bois, à la fois pour la facilité de transport et pour la plus grande précision du code-barre. Mais comme les banques n'existaient pas encore à l'époque, celui qui acceptait de se faire payer avec un chèque en bois était assuré de se faire gruger, vu qu'il était impossible de le faire virer sur son compte. D'où l'expression. Pas convaincu par cette explication? - Ah, homme de peu de foi ! Comment peux-tu ainsi douter? - Bon, en réalité, il faut remonter au locutions "de bois", qui date du XIIIe siècle, et "en bois", qui date du XIVe, locutions qui servaient à désigner des choses artificielles ou fausses comme "une jambe de bois" ou bien "un sabre de bois" (assez logiquement, puisque ce matériau était abondant, peu coûteux, et permettait aisément de fabriquer des imitations d'autres choses). C'est une de ces locutions qu'on trouvait au figuré dans "visage de bois" pour désigner la porte d'entrée restant désespérément fermée chez une personne qu'on était venu visiter, et qu'on retrouve aujourd'hui aussi dans quelque chose d'également très utilisé par les faux culs (mais je ne citerai personne, car il faudrait plusieurs pages) : "la langue de bois". Le chèque en bois désigne donc un faux chèque, un chèque artificiel, non pas en tant que bout de papier imprimé dans le local secret de la cave à côté des billets de 35 euros, mais en tant que faux moyen de paiement car le montant ne pourra jamais être touché, le compte débiteur n'étant pas assez alimenté. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:12 | |
| | Chercher la petite bête >> Être extrêmement méticuleux. S'efforcer de découvrir une erreur, une irrégularité … Tout homme qui s'est déjà cherché des morpions dans sa toison pubienne sait à quel point, en plus d'être très souple, il faut être précis, méticuleux pour réussir à localiser tous ces tout petits indésirables, ces "petites bêtes" (pour s'en convaincre, on peut aussi observer un singe qui cherche des poux sur la tête d'un congénère). Bien sûr, le lance-flammes est une solution très efficace et beaucoup plus rapide. Mais pour celui qui tient à conserver longtemps l'usage de son service trois pièces, la méthode manuelle, éventuellement complétée d'un quelconque agent insecticide, est largement préférable. Le premier sens de l'expression est aisément compréhensible. Le second vient de l'aspect indésirable de ces petites bêtes qu'on peut assimiler à des défauts à la recherche desquels on doit impérativement se lancer pour corriger la chose. La première attestation de cette expression se trouve chez Barbey d'Aurevilly en 1874 (voir le premier exemple). |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:13 | |
| | Le défaut de la cuirasse >> Le point faible, le point sensible (de quelque chose ou de quelqu'un) … Vous connaissez Achille ? Non, pas Achille Talon, mais Achille et son fichu talon! Grâce à sa maman qui l'avait plongé dans le Styx, la peau de cet homme-là était une cuirasse, mais elle avait un petit défaut, et c'est ce qui l'a perdu. Au sens propre, les défauts d'une cuirasse sont tous les endroits où se trouvent des articulations, endroits dans lesquels les armes blanches peuvent pénétrer et blesser ou tuer le porteur de la protection. Par extension, et depuis le XVIIIe siècle, tout point faible de quelque chose ou de quelqu'un, ce qui permet d'affaiblir ou de détruire un chose ou un homme, est également un défaut de la cuirasse. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:13 | |
| | Sonner les cloches (à quelqu'un) >> Réprimander fortement / violemment (quelqu'un) … Confucius (à moins que ce ne soit Lao-Tseu ?) aurait dit quelque chose comme : "Si tu frappes ta tête contre une cruche et que tu obtiens un son creux n'en déduis pas que c'est forcément la cruche qui est vide". C'est pareil si on utilise une cloche à la place de la cruche, sauf que, dans sa position normale, la cloche est forcément vide (mais un son creux n'implique pas pour autant qu'elle est seule à l'être) et que, si on a frappé assez fort pour obtenir un son, on peut être sûr d'avoir très mal à la tête ensuite. Une grosse cloche qui sonne, cela produit un son puissant, assourdissant même, si on en est très proche. C'est à la fois l'image de cette puissance qu'on retrouve dans l'expression avec le qualificatif 'fortement' ou 'violemment', mais aussi celle de la frappe, puisque le battant de la cloche tape sa paroi lorsqu'elle sonne et la réprimande peut être vue comme une frappe verbale. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:13 | |
| | Treize à la douzaine >> Un grand nombre, beaucoup … Maintenant souvent employée avec un sens péjoratif signifiant "beaucoup trop" ou même "à ne pas savoir qu'en faire". Cette expression, attestée en 1750, vient d'une époque révolue où les commerçants, à la fois peu regardants et qui avaient le sourire et le sens du commerce, n'hésitaient pas à rajouter, sans vous la faire payer, une treizième merguez quand vous en demandiez seulement douze (vous pouvez librement remplacer les merguez par des tomates, des soutiens-gorge ou des enclumes). Maintenant, pour la même quantité demandée, ils ont plutôt tendance à vous en mettre quatorze et vous faire payer le prix de seize. Aujourd'hui, si après avoir été pris en flagrant délit, vous risquez douze ans de prison et qu'on vous en colle treize, vous pourrez dire que le magistrat vous en a mis treize à la douzaine. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:14 | |
| | Un pétard mouillé >> Une action, une révélation qui devrait être sensationnelle ou spectaculaire, mais qui ne fait aucun effet. Une nouvelle importante qui se révèle fausse … Voilà une métaphore très facile à comprendre. À la toute fin de l'année, piquez deux pétards (ceux qui font du bruit, pas ceux que certains fument) à votre gamin (et si jamais il rouspète, l'insolent, mettez-lui deux gnons), puis trempez en un dans l'eau quelques instants (un pétard, pas un gnon !). Ensuite allumez la mèche de l'autre, le sec, et, de préférence sans le garder dans la main, attendez un peu. Normalement, il va exploser et donc faire un fort bruit désagréable. C'est normal, c'est ce à quoi sert un pétard! Enfin, allumez celui qui reste (celui que vous avez trempé dans l'eau un peu avant - je précise pour ceux qui ont du mal à suivre) et attendez aussi un peu. À part peut-être un misérable 'pschitt', même pas capable de faire fuir votre chat, votre pétard n'explosera pas. Autrement dit, parce que la poudre est trempée et ne peut plus exploser, ce pétard mouillé, ce machin normalement sensé faire un effet du tonnerre ne va rien produire de remarquable. Il n'en a pas fallu beaucoup plus pour que cette absence d'effet attendu s'applique à toute chose qui provoque beaucoup moins de réaction qu'espérée ou attendue. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:15 | |
| | Rôtir le balai >> Mener une vie de débauche. Anciennement, vivre dans la pauvreté … Que voilà une bien étrange expression ! Parce que je ne sais pas pour vous, mais moi, parmi les quelques utilisations normales que je connais d'un balai (outil pour nettoyer le sol, arme pour frapper un importun, véhicule pour sorcières...), je n'en vois aucun où cet objet doit être rôti. Heureusement, les lexicographes sont là pour éclairer partiellement notre lanterne. En effet, c'est grâce à ces fouille-livres qu'on comprend que le sens ancien, celui en vigueur à partir du XVIe siècle, signifie en réalité "être tellement pauvre que, à défaut de bois, on en est réduit à brûler le balai". Autrement dit, si on 'rôtit' le balai, ce n'est pas dans le but de le savourer (vous préférez votre balai grillé avec de la mayonnaise ou du ketchup ?), mais simplement dans celui de se réchauffer avec le peu de combustible qui reste disponible. C'est au XVIIIe siècle que le sens change du tout au tout, chez Rousseau. Et là, malheureusement, il n'y a pas de certitude quant à l'explication de cette nouvelle signification. Mais nombreux sont ceux qui supposent qu'il y a une allusion aux sorcières qui, chevauchant leur balai pour se rendre au sabbat, lieu propice à toutes les débauches, se rapprochent des flammes de l'enfer au contact desquelles leur balai roussit quelque peu. Cette relation aux sorcières pourrait aussi expliquer que l'expression s'appliquait surtout aux femmes débauchées. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:15 | |
| | Est-ce que je te demande si ta grand-mère fait du vélo? >> Je ne t'ai rien demandé, mêle-toi de tes affaires! … Pierre Desproges, un de mes maîtres à penser (et à panser les bleus de l'âme par le rire) a prétendu dans 'Les bonnes manières au lit', extrait du 'Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis', qu'Euclide posait déjà cette question sous la forme "Velocipedus memera ?". Mon souhait constant d'approcher au mieux la vérité historique m'incite à douter un peu de la véracité de cette information et à vous avertir, malgré tout le respect que je lui dois, qu'il a probablement tort, car aucun autre texte connu n'y fait référence et aucune photographie de l'époque ne nous y montre une grand-mère ayant enfourché un vélocipède. Cette question hautement existentielle viendrait en réalité d'une rengaine des années 30, de la période 1900, qui aurait servi de modèle aux questions ironiques ayant la signification sus-mentionnée (dans la chanson, elle se prolongeait d'ailleurs par d'autres questions toutes aussi graves : "si ta p'tite soeur est grande, si ton p'tit frère va bien au pot..." - on comprend donc qu'elle ait pu marquer son époque d'une empreinte aussi indélébile). |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:15 | |
| | Etre de mèche (avec quelqu'un) >> Etre de connivence (avec quelqu'un) … Mèche amadou, de bougie, de cierge, de pétard, de bâton de dynamite, de baril de poudre ou bien de cheveux? - À votre avis? - Eh bien ce ne sera pas vendre la mèche que de vous dire qu'on ne sait pas bien d'où vient cette 'mèche'. Selon les lexicographes, elle nous arrive du gascon ou du provençal 'mech' qui veut dire 'moitié', ou bien du 'mezzo' italien qui signifie aussi 'moitié 'ou 'moyen' (tous ces mots ayant probablement la même origine latine). On est donc loin de la mèche qu'on allume. Mais Wartburg compare lui l'idée "d'arrangement conclu (donc préalablement préparé)" qu'on retrouve dans l'expression avec le sens de "matière préparée pour prendre feu aisément", ce qui nous ramène à la mèche d'explosif. Toujours est-il que, à la fin du XVIIIe siècle, lorsque cette expression apparaît, "de mèche" a le sens de "de moitié dans un coup, un partage". Elle est précédée de peu, dans l'argot des typographes, par "être à mèche d'affut (ou d'affur)" pour "être de moitié dans une affaire". Et quand on est "de moitié" donc qu'on participe activement à une affaire avec quelqu'un, est-ce qu'il n'y a pas obligatoirement cette connivence, cette complicité qu'on trouve dans le sens de l'expression? |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:16 | |
| | Le torchon brûle >> Il y a un profond désaccord. L'atmosphère est à la dispute … Si, dans une cuisine, le mari met par inadvertance le feu au torchon, il est inévitable qu'il va se faire tirer les oreilles par son épouse. Dans ce cas, on peut indubitablement dire que le torchon brûle. De là, on peut facilement concevoir que le torchon qui brûle est un simple symbole de la dispute, même si aucun véritable torchon ne prend feu et si c'est simplement de la vaisselle ou des couteaux bien pointus et tranchants qui volent au travers de la pièce. Mais c'est voir cette expression avec nos yeux modernes que d'imaginer cela. En effet, dans cette locution qui date de la fin du XVIIIe siècle, le torchon n'est pas celui du ménage. Le Dictionnaire Historique de la Langue Française nous dit que le premier sens du mot, au XIIe siècle, correspondait à un coup que l'on donne. On peut donc déjà faire un rapprochement avec la bagarre qui s'annonce lorsque le torchon brûle. Mais il rajoute ensuite que, dans notre expression, le mot est un dérivé de 'torche', ce machin qui, en brûlant, permet d'éclairer un endroit sombre. Hélas, cette affirmation n'est suivie d'aucune explication indiquant quel est le lien entre cette torche qui brûle et le désaccord ou la dispute qui s'annonce, ce qui est plutôt frustrant. Claude Duneton, lui, nous propose autre chose, indirectement lié au tout premier sens de 'torchon' : l'expression serait un double jeu de mots. D'abord, 'torchon' serait une plaisanterie basée sur 'torcher' ou 'se torcher' au sens de "se battre" (c'est l'histoire du 'coup' qui réapparaît). D'ailleurs, "un coup de torchon", c'est autant une bagarre que quelque chose qui a fait place nette, et une 'torchée', c'est une sévère correction. Ensuite, vous vous rappelez certainement ce jeu où, gamin, vous deviez retrouver quelque ou quelqu'un caché et, lorsque vous vous approchiez très près de l'endroit, on vous disait "tu brûles". Dans ce cas, 'brûler' indiquait la proximité. Le torchon brûle voudrait donc simplement dire "les coups sont très proches". |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:17 | |
| | Prendre le mors aux dents >> Se laisser aller à la colère. Se mettre soudainement et avec énergie à un travail, à une entreprise … Le sens initial de cette expression qui date du milieu du XVIe siècle vient du monde équestre. Le mors est en effet un élément du harnais, une pièce qui traverse la bouche du cheval, qui repose sur une zone édentée à l'arrière de la machoire, et qui sert à le diriger. Si jamais le cheval prend le mors aux dents, c'est-à-dire que cette pièce s'avance au-dessus des dents, il devient impossible de le diriger. Et si jamais l'animal s'emballe, le cavalier a alors de fortes chances d'avoir un peu plus tard à numéroter ses abattis. Autrement dit, la prise du "mors aux dents" a d'abord été le symbole de l'emballement, signification qu'on retrouve au figuré dans le premier sens cité de l'expression. Le deuxième sens vient d'une autre manière de voir la chose : si l'animal prend le mors aux dents, il peut alors en faire complètement à sa tête, il décide de son sort. Cette liberté d'action du cheval est ainsi traduite chez l'homme par Furetière : "on dit figurément, prendre le mors aux dents, pour dire prendre une bonne résolution et l'exécuter". C'est l'ardeur mise dans l'exécution de cette bonne résolution qu'on retrouve aujourd'hui dans le second sens de l'expression. À l'origine, au XIIe siècle, 'mors' désigne l'action de mordre. Un peu plus tard, il désigne aussi quelque chose qui est "mordu en une fois" avec le mot dérivé 'morsel' qui deviendra 'morceau' au milieu du XVe. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:17 | |
| | Etre / se mettre en cheville (avec quelqu'un) >> Etre / se rendre complice d'une opération délictueuse. Etre associé / s'associer de manière étroite (avec quelqu'un) … S'il est une question qu'on peut légitimement se poser en voyant cette expression c'est bien celle-ci : pourquoi la cheville au lieu du genou, du sein droit ou du pancréas, par exemple? - Est-ce que "se mettre en omoplate gauche avec quelqu'un" n'aurait pas autant d'allure? - La réponse sera simple : oubliez vite vos quelques notions d'anatomie humaine et pensez plutôt à vos dons de bricoleur! Si vous vous êtes déjà arraché les cheveux en tentant de monter des meubles achetés en kit chez Inéa, Confokéa ou Alirama, vous avez certainement utilisé beaucoup de ces courtes tiges de bois qui vous permettent de maintenir ensemble deux des pièces composant votre meuble. Chacune de ces tiges de bois étant une 'cheville', c'est de cette petite pièce indispensable à l'assemblage étroit de deux autres pièces que vient, au figuré, le sens d'association étroite que contient l'expression. La première signification date du début du XXe siècle. Elle est née dans le monde des voyous et y restreint la notion d'association entre des personnes. Le sens s'est ensuite élargi à des associations parfaitement honnêtes. Autrefois, une personne qui "était en cheville" était un joueur de cartes qui ne jouait ni premier ni dernier. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:17 | |
| | Marquer à la culotte >> Surveiller / suivre de très près … Comment faisaient les sans-culottes pour marquer à la culotte leurs petits camarades? - Mais l'absence du vêtement concerné n'a pas du trop les gêner, vu qu'à l'époque ils avaient d'autres préoccupations que de se grouper par paquets de onze individus pour courir comme des dératés après un ballon et gagner des salaires déraisonnables. Car c'est du monde du ballon rond, autrement dit du football, que nous vient cette expression. À l'origine, à partir de 1920 et dans les sports d'équipe en général, "marquer un joueur", c'était en surveiller les mouvements, le serrer de près pour l'empêcher d'agir librement. Le "marquage à la culotte", expression familière, s'est ensuite spécialisée dans le foot, là où onze gusses placés sur un terrain doivent en permanence en surveiller de près onze autres pour les empêcher de venir leur marquer un but, la 'culotte' étant ici le short et symbolisant le joueur 'marqué' par son adversaire. Par extension, marquer à la culotte désigne une surveillance ou un suivi de près, dans n'importe quelle activité, souvent afin de ne pas être distancé ou de ne pas se faire supplanter. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:18 | |
| - Etre / mettre sur les dents >> Etre surmené, épuisé ou excédé / Exténuer, harasser … Cette expression est attestée dès 1611. Selon Littré, l'image viendrait du monde hippique, où un cheval exténué appuie ses dents sur le mors. Mais Rey et Chantreau réfutent cette version et supposent qu'elle reprend l'image de celui qui "mord la poussière" (qui est jeté à terre, mais probablement parce qu'il est épuisé), en se basant sur les mots 'adent' et 'adens' qui en ancien français et en provençal signifiaient "être face contre terre (donc les dents plantées dans la terre)".
- Se rincer l'oeil >> Assister (parfois en douce) à une scène érotique … Cette expression date de la fin du XIXe siècle. Bien entendu, il ne faut pas la prendre au pied de la lettre. Si un jet d'acide ou de n'importe quel autre produit toxique, exige effectivement de se rincer abondamment l'oeil, rares sont les scènes coquines à l'imposer, qu'elles soient vues avec ou sans autorisation. Il semble qu'il s'agisse simplement d'une évolution de l'expression "se rincer le gosier (ou la dalle, l'avaloir, le cornet, le sifflet...)" qui signifie 'boire'. Si, pour boire (sans modération), on "se rince le gosier", alors pour voir (des choses réservées aux adultes), il semble naturel de se rincer l'oeil.
- Cercle vicieux >> Situation à la fois compliquée, dangereuse et inextricable car on a du mal à s'en sortir … Le vice, ici, ne désigne pas un défaut (tout le monde sait que les cercles ne sont pas naturellement vicieux, sauf s'ils ont été mal éduqués) mais un danger réel. Cette locution serait une image liée à la situation mauvaise (vicieuse) dans laquelle on est enfermé, comme dans un cercle dans lequel on ne peut que tourner en rond. |
|  | | aaabc Membre Confirmé


   Age : 23 Inscrit le : 07 Mai 2007 Messages : 1131 Localisation : paname
 | Sujet: Re: Expressions Francaise Mer 16 Juil - 14:18 | |
| | C'est le bouquet >> C'est un comble. Il ne manquait plus que cela … Que dit Carole Bouquet lorsqu'on lui offre un bouquet de fleurs? - Certainement pas "c'est le bouquet !", sauf si le cadeau vient de quelqu'un qui sait parfaitement qu'elle est allergique aux fleurs. Cette expression apparaît chez Vidocq en 1828. Elle est ironique, avec un sens complètement à l'opposé de ce qu'il devrait désigner. Car, avant cet emploi, c'est le bouquet voulait dire "c'est ce qu'il y a de mieux". En effet, le 'bouquet', c'était l'apogée, le final qui concluait en beauté quelque chose, sens qui venait, depuis la fin du XVIIIe siècle, de ce qui concluait et conclut toujours un feu d'artifice, le "bouquet (d'artifice)". |
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